• Mes récits, films et photos de voyages

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    "On sait bien où l'on veut aller, mais on ignore quand, comment, par quel chemin on y parviendra. Inutile de s'en trop soucier d'avance; on verra bien..."

    (Théodore Monod)

     

     

    Je pense qu'aujourd'hui je peux prétendre au titre de grand voyageur, concepteur de voyages et de passionné de photographies et de découvertes.

    Je suis né dans une petite oasis du sud algérien nichée dans le creux d’une vallée verdoyante que l’on nomme Ouled-Djellal et que l’on traduit littéralement par «les enfants ou les descendants de Djellal». On peut dire que nos ancêtres ne se sont pas trop creusés les méninges pour trouver pareil nom !

     

    J’ai ouvert les yeux sur de hauts dattiers, deux chèvres et quelques poules qui se baladaient dans la cour de notre maison.

     

    D'après les récits, je suis né un mois de février dans le froid d’une journée d'hiver de l'an 1964. A ce jour, personne ne sait vraiment la date exacte de ma naissance. Je suis ce que l'on appelle un oublié de l’état civile. En Algérie, on appelle les oubliés « des présumés », présumé quoi, je n’en sais foutrement rien ? A l'époque, il n'y avait pas encore Facebook pour être présumé innocent ou coupable de quoique ce soit !

     

    Lorsque mon père avait daigné aller me déclarer à la mairie, déjà quatre années étaient passées, c'était en 1968. Il a pris la première date qui lui venait à l’esprit pour me transcrire. Il avait décidé que j'étais né le 20 juillet 1964. Le 20 juillet est devenu donc ma date officielle d'anniversaire.

     

    Entre 1964 et 1992, l’année de mon arrivée en France, je vais vous épargner les détails de ma vie faite de joies d’enfance et de beaucoup de frustrations d'adolescence dans un pays connu pour n'être pas du tout drôle pour la jeunesse !

     

    Je vous épargne aussi le récit de ma vie d'enseignant de français durant 6 ans dans une Algérie qui doutait de tout.

     

    En 1992, une nouvelle vie m'appelle, de derrière la Méditerranée. La ville de Lyon m’accueillit tandis que mon Algérie sombrait dans la guerre civile. Est-ce mon destin ou est-ce mon choix qui m’a sauvé de la déchirure fratricide ? Je n’en sais rien non plus ! Tout ce que je sais c'est que je suis un miraculé au vu du nombre de victimes de mon entourage

     

    Me voilà donc parti tandis que mes moitiés sont restées là-bas, au-delà de la grande bleue. Durant la période noire de la guerre, j’ai perdu des amis, de simples connaissances aussi, de grands hommes de notoriété publique, des proches, des anonymes, des villages entiers et j'ai surtout perdu tout espoir de retour ! L'Algérie est restée fermée, livrée à elle même et à ses fanatiques une décennie entière.

     

    A Lyon, on ne peut dire que ma vie de rat des villes ait été d’une gaieté incroyable, ce fut une vie de déraciné, une vie difficile, faite de galères, de manque de moyens, de gros doutes, de gros chagrins aussi, de grande nostalgie et parfois même de douleurs et de pleurs.

     

    Néanmoins et malgré tout, 1992 fut une nouvelle venue au monde pour moi. «Le présumé» a enfin une date de naissance, le 21 août 1992, date d'arrivée à Lyon. Je me suis inscrit à l'université Lyon 2 et je suis redevenu étudiant. J'ai fait plein de boulots, assistant cuisinier, animateur colo, accompagnateur de voyage pour adultes puis j'ai décroché une maîtrise de FLE. S’en est suivi des voyages, des lectures, des amitiés, des femmes, une vie bien trépidante pour « le petit présumé » du bled.

     

    Des collaborations très étroites sont nées avec plusieurs agences de tourisme. De cette période je garde des souvenirs à ne plus savoir quoi en faire !

     

    De Lyon à Paris, la A7 me mène droit vers les coulisses de la télévision. J'ai suivi une formation à l'ENC pour être cadreur, une autre passion de jeunesse bien cachée. Suite à ça, j'ai travaillé deux années dans le milieu de la télé avec des émissions telles que Karl Zéro, les guignols de l'info et plein d'autres avant de me rendre compte que je manquais de quelque chose, j'étais comme habité : le fantôme du voyage et le syndrome de la bougeotte me tourmentaient.

     

    Un jour, un rendez-vous improvisé avec Jack Bolet, le fondateur de Nomade Aventure, me fit revenir au voyage, ma passion de toujours. Je renais pour la troisième fois. 18 ans après, j'ai fait mon petit bonhomme de chemin dans cette petite boîte qui a façonné tant de destins et donné à chacun sa chance.

     

    J'ai passé une bonne partie de ma vie à concevoir les circuits les plus insolites, à me nourrir de voyages, à respirer le grand air des montagnes himalayennes, à nager dans les eaux cristallines des lacs glaciaires d'Asie Centrale comme j'ai traversé le lac Baïkal gelé à pied dans une Sibérie complètement givrée. Après m'être régalé de la lecture des trois tomes de Bernard Ollivier "Longue marche", je me dit qu'au vu de tout le parcours que j'ai fait c'est un peu comme ma longue marche pour moi !

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    La Montgolfière

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