• La Sibérie ? Offrez-là glacée !

    Tu es la perfection,

    l'enfant de dieux au bon cœur.

    Ta pureté est comme une prière.

    La prière de la nature, amoureuse.

    joie illimitée et sa douleur.

    Quand je te touche

    J'oublie toutes mes peines,

    Parce que tu existes,

    Laisse-moi, Baïkal, baisser la tête vers toi ...

     

    Poème d'OV Bykov

    ©aissa Smatti

    La nature a ce pouvoir de stimuler notre bien-être mental et de nous doter de cette énergie physique qui nous dope telle une douce drogue. Le Baïkal m'a fait cet effet, il m'a paru calme, obéissant et si accessible.

    ©aissa Smatti

    Paysages d'un autre monde, pureté étincelante, soleil de minuit et ciel éthéré: je ne pouvais pas penser à quelque chose de plus magique qu'un voyage en Sibérie sur le lac Baïkal gelé !

    Marcher sur la glace, entendre les craquements de la banquise sous sa tête la nuit, et respirer un air pur est une expérience incroyable qui ne laisse personne indifférent. Le Baïkal en hiver c'est des centaines de kilomètres de côtes glaciaires aux vagues figées par le froid et des toros debout tels des menhirs givrés qui ne demandent qu'à être explorés.

    Nous avons commencé l'exploration de ce bout de Sibérie par une entrée en la matière avec l'arrivée à Irkoutsk un jour où la température avoisinait les -22° en journée et encore moins la nuit. Pour moi, jamais je n'ai vécu sous de telles températures négatives. Moufles de haute montagne doublées de gants, sous-couches en laine ou en synthétique, équipement très techniques au dessus et des chaussures spéciales pour trek dans les environnements extrêmes, c'est comme ça que j'ai commencé ma première balade en ville.

    Laisse-moi, Baïkal, baisser la tête vers toi ...

    ©aissa Smatti

    Si vous avez l'âme d'un aventurier et que vous avez envie de tester l'expérience du voyage à des températures extrêmes, de savoir ce qu'est le blizzard, de sentir le vent glacial de Sibérie vous fouetter le visage et vous piquer aux extrémités, je vous conseille cette traversée à pied de la banquise du Baïkal.

    Enfilez vos crampons, attachez votre pulka, bien lestée de vos bagages et la nourriture communes, à votre ceinture et partez à l'assaut d'une glace translucide tel un miroir. Une traversée exceptionnelle du Baïkal par sa largeur au départ de l'Ile et plus exactement du cap Khoboï, lieu sacré du chamanisme jusqu'à Oust Bargouzine en face, au nord-est du lac. C'est une vraie aventure polaire que l'on n'oublie pas de son vivant. En tout cas, moi je l'ai vécu comme ça !

    Il n'y a pas plus beau qu'un minibus UAZ pour faire du hors piste dans la Taïga de l'île d'Olkhone et pour rouler sur les glaces du Baïkal !

    L'UAZ fait partie de l'esprit de la Sibérie et de l'histoire de Russie. C'est le véhicule mythique de l'époque soviétique

    ©aissa Smatti

    On avait l'impression de marcher sur l'eau tel des prophètes venus pour pêcher le bon Omoul, poisson du Baïkal. On avait tous la tête baissée et les yeux rivés sur la glace comme si on avait peur qu'elle s'ouvrent sous nos pieds et qu'elle nous avale. On été aussi ébahit par cette beauté éphémère qui ne dure que quelques mois et dont dépend la vie de toute la population de la région. Pour les baïkaliens, c'est important que le lac gèle car il leur permet de raccourcir les distances et de gagner du temps mais c'est aussi une source importante de revenus avec les quelques visiteurs qui y passent. En hiver, le lac devient une immense route avec de vrais panneaux de circulation et une limitation de vitesse.

    ©aissa Smatti

    Le side-car Ural. C'est à la veille de la seconde guerre mondiale, grâce à un pacte qui lie l'Allemagne à l'Union Soviétique, que le side-car Ural voit le jour. Cette moto est belle, redoutable dans la taïga et a un look d'enfer.

    ©aissa Smatti

    Les températures de fin de journée piquent bien les extrémités et le visage et il est difficile d'enlever ses gants plus de 2/3 minutes. Sortir ses mains de ses moufles pour prendre une photo est en soi une aventure pour les doigts.

    ©aissa Smatti

    Les givrés de Sibérie

    ©aissa Smatti

    Vers minuit, le soleil embrase la glace qui est aussi translucide qu'un diamant. C'est un moment unique et féérique.

    On est dans un univers presque irréel avec d’un côté, la taïga toute blanche et de l’autre, la glace sous ses formes les plus inattendues.

    ©aissa Smatti

    La caravane avance en silence mais le bruit de craquèlement de la glace sous nos pieds lui ne s'arrête jamais.

    ©aissa Smatti

    Toute la splendeur de la glace baïkalienne tient dans de l'eau gelée qui forme des barrières de glace et des fractures tout le long du lac.

    Il n'y a qu'à se pencher pour ramasser la glace telle des pierres précieuse pour ensuite la faire fondre pour la boire et pour cuisiner.

    Ces diamants éphémères sont à aller ramasser entre mi février et fin mars et pas un mois de plus et pas un mois de moins, c'est à ce moment que la couche de glace est la plus épaisse, environ 1 mètre. Tant qu'elle n'aura pas atteint les 60 centimètres, elle ne peut être prise par les piétons ni roulée par les véhicules.

    ©aissa Smatti

    Une cabane de pêcheurs qui pratiquent la pêche au trou. La cabane est chauffée et les pêcheurs y vivent plusieurs jours si ce n'est plusieurs semaines. Il font un trou dans la glace en plein milieu de la cabane et ils passent leur temps à remonter différents types de poissons qu'ils fument. Le poisson est revendu au marché d'Irkoutsk ou il est mangé localement en famille.

    ©aissa Smatti

    Les veines du Baïkal bien visible car le lac est bel et bien vivant sous nos pieds.

    ©aissa Smatti

    Sur la banquise, on dort sur des matelas fabriqués spécialement à cet usage et utilisés généralement par les pêcheurs.

    Crampons aux pieds et la pulka derrière et on avance droit devant quelque soient les obstacles, il n'y a pas de retour en arrière, on est sur l'eau.

    A pas sûr et rassuré, le souvenir d'un tel voyage est plus vrai que le bonheur !

    Néanmoins, le Baïkal n'est pas aussi docile qu'on peut l'imaginer, chaque année il y a des accidents parce que des personnes impatientes ou inconscientes tentent l'aventure de la traversée soit trop tôt soit trop tard.

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    Le port et le cimetière des bateaux du lac. Premier panneau de signalisation marquant le début de la piste sur le lac.

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    Les totems chamanistes sont là pour indiquer le territoire de tel ou tel esprit. Pour les Bouriates, la terre, l'eau et la forêt sont sacrées et les esprits règnent partout.

    ©aissa Smatti

    Les UAZ sont sans conteste les seuls maîtres du lac et de la taïga sibérienne.

    A Oulan-Oudé, quelques restes de l'époque soviétique sont toujours présents dans les rues, dans les boutiques de souvenirs et même dans la façon de s'habiller des gens.

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    Lénine qui trône sur la place d'Oulan-Oudé près du théâtre et du musée.

    Quelques infos pratiques

    ©aissa Smatti

    Le transsibérien à la gare d'Oulan-Oudé, ville des Bouriates de Russie. Ici, la frontière mongole n'est pas loin. Prendre ce train c'est aussi un moment fort d'un voyage en Sibérie. Ce train fait partie de l'âme de la Sibérie et c'est grace au train que le pays s'est développé et l'isolement de certaines régions a été rompu. Le train est le moyen de transport le plus abordable pour les russes.

    Ce carnet a été réalisé dans le cadre d’un voyage de repérage pour Nomade Aventure